Rapport du jury DCG 2025 : taux de réussite par UE et ce que les correcteurs attendent
Chaque automne, le président du jury national publie un rapport d'une quarantaine de pages : statistiques, sujets commentés, et surtout ce que les correcteurs reprochent aux copies. C'est le document le plus utile pour préparer le DCG, et l'un des moins lus. Voici la session 2025, UE par UE.
L'essentiel en deux minutes
- Inscrits
- 24 956 candidats inscrits à au moins une UE (+ 2 %), dont 36 % de candidats libres.
- Diplômés
- 4 480, en hausse de 21 % sur 2024 ; taux de réussite de 43 % des candidats diplômables, contre 36 % en 2024.
- UE la mieux réussie
- Communication professionnelle (UE 13) : 80 % de notes au-dessus de 10, moyenne 12,3.
- UE la moins réussie
- Comptabilité approfondie (UE 10) : 32,8 %, moyenne 8,1, et 30 % de notes éliminatoires.
- L'écart qui compte
- En UE 1, 9,7 de moyenne pour les candidats préparés dans un établissement public ou privé sous contrat, 6,9 pour les autres.
- Le reproche le plus répété
- « Trop nombreuses copies peu soignées », fautes d'orthographe, réponses non structurées, paraphrase des annexes — dans toutes les UE.
Les chiffres de la session 2025
Près de 25 000 candidats se sont inscrits à au moins une UE, un nombre en hausse de 2 % après + 3 % en 2024, et supérieur au précédent point haut de 2022. Un tiers d'entre eux ont présenté quatre UE, un cinquième cinq. Le taux de présence aux écrits se tient entre 82,9 % (droit fiscal) et 88,5 % (anglais), et atteint 94,5 % à l'oral de l'UE 13.
4 480 candidats ont été diplômés — 4 438 par les épreuves et 42 par validation des acquis de l'expérience — contre 3 692 en 2024. Le jury parle d'un « effet de rattrapage » après une session 2024 particulièrement basse : le taux de réussite, calculé sur les candidats diplômables, passe de 36 % à 43 %.
Les écarts entre académies sont considérables : 59,8 % à Besançon, 56,1 % à Poitiers, 54,9 % à Nantes, contre 31,8 % à Paris-Créteil-Versailles, qui concentre un quart des inscrits. Le jury l'explique par la proportion de candidats libres et par la densité des formations préparatoires.
| UE | Notes ≥ 10 | Moyenne 2025 | Moyenne 2024 | Préparés / autres |
|---|---|---|---|---|
| 1 · Fondamentaux du droit | 40,7 % | 8,5 | 7,7 | 9,7 / 6,9 |
| 2 · Droit des sociétés | 50,9 % | 9,6 | 8,1 | 10,6 / 8,3 |
| 3 · Droit social | 44,3 % | 9,1 | 8,6 | 9,8 / 8,1 |
| 4 · Droit fiscal | 50,7 % | 9,6 | 8,2 | 10,5 / 8,5 |
| 5 · Économie contemporaine | 38,1 % | 8,5 | 8,7 | 9,6 / 7,1 |
| 6 · Finance d'entreprise | 49,3 % | 9,6 | 8,2 | 10,7 / 8,0 |
| 7 · Management | 46,1 % | 9,1 | 8,9 | 10,1 / 7,8 |
| 8 · Systèmes d'information de gestion | 44,4 % | 9,2 | 9,0 | 10,1 / 7,4 |
| 9 · Comptabilité | 68,3 % | 11,7 | 11,5 | 12,5 / 10,8 |
| 10 · Comptabilité approfondie | 32,8 % | 8,1 | 8,0 | 9,3 / 6,7 |
| 11 · Contrôle de gestion | 55,7 % | 9,9 | 8,0 | 11,0 / 8,5 |
| 12 · Anglais des affaires | 56,3 % | 10,5 | 10,7 | 10,8 / 9,8 |
| 13 · Communication professionnelle | 80,0 % | 12,3 | 12,3 | 12,6 / 11,8 |
Source : Rapport du jury DCG 2025, tableau 4 et sections par UE. « Préparés » : candidats inscrits dans un établissement public ou privé sous contrat ; « autres » : privé hors contrat et candidats libres.
Comment lire ce tableau
La dernière colonne est la plus parlante : dans toutes les UE, les candidats préparés en établissement public ou privé sous contrat obtiennent une meilleure moyenne que les autres, avec des écarts de 1 point (anglais) à 2,8 points (fondamentaux du droit). Ce n'est pas un jugement sur les candidats libres : c'est la mesure de ce qu'une préparation structurée apporte — et donc de ce qu'il faut reconstituer quand on s'en passe.
Deuxième lecture : les UE de raisonnement — droit, comptabilité approfondie, économie — sont celles où l'écart est le plus fort et le taux de réussite le plus bas. La comptabilité (UE 9) et l'anglais (UE 12), matières à corpus fini, sont celles où l'on s'en sort le mieux seul.
Voir aussi : Préparer le DCG en candidat libre
Ce que le jury dit à tous les candidats
Avant tout commentaire par UE, le rapport pose un reproche général : « le jury regrette de trop nombreuses copies peu soignées, parfois difficilement lisibles, ou comportant de nombreuses fautes d'orthographe ou de syntaxe ». Il recommande le stylo noir — les copies sont numérisées — et rappelle que « la communication écrite est une compétence essentielle au titulaire du diplôme ».
Quatre consignes reviennent ensuite dans presque chaque UE, au mot près : lire la totalité du sujet et repérer à quel dossier chaque annexe se rapporte ; être attentif au verbe de la consigne, qui renvoie à une compétence du programme ; structurer la réponse ; conclure par une phrase qui répond explicitement à la question.
Deux conseils d'organisation complètent : rédiger une copie par dossier, pour pouvoir changer de dossier en cas de blocage, et réserver dix minutes de relecture. Enfin, dans toutes les UE écrites, le jury « conseille fortement » de s'entraîner sur les sujets zéro et les annales depuis 2020, en temps limité — ils sont gratuits sur le site du CRCF.
Les documents fournis ont pour vocation d'aider les candidats […]. Cette utilisation ne doit pas se limiter à une simple recopie ou paraphrase des documents fournis dans le sujet.
Voir aussi : Les sujets et corrigés indicatifs 2020-2026
Axe 1 — Droit (UE 1 à 4) : la règle, puis l'application, puis une conclusion
Les quatre UE juridiques ont toutes progressé en 2025, l'UE 2 gagnant quatorze points de réussite. Le jury y décrit une méthode unique : « exposer d'abord la (ou les) règle(s) de droit nécessaire(s) à la résolution du problème juridique posé avant de proposer une solution ». Ces deux étapes sont « exigées », au besoin matérialisées sur la copie ; en revanche, « il n'est pas nécessaire de se livrer à un rappel des faits » — seule leur qualification compte.
L'analyse d'arrêt est le point d'insistance de l'UE 2 : reformuler le raisonnement de la Cour de cassation après l'avoir compris, en formuler la portée, et réutiliser l'argument dans la réponse. « C'est la pertinence, la clarté et la cohérence du raisonnement juridique qui donnent lieu à l'octroi de points », pas la seule réponse factuelle ni la récitation.
Le droit fiscal (UE 4) est rappelé à sa nature : « une unité d'enseignement juridique », où le raisonnement doit être justifié en droit. Les calculs ne pèsent qu'environ la moitié du barème ; l'autre moitié évalue l'analyse et la rédaction, notamment la « note structurée » qui intègre le contexte et le conseil au client. Le jury note d'ailleurs moins de copies très faibles qu'en 2024.
Dans les quatre UE, une veille est attendue : les connaissances doivent être à jour des dernières réformes, et le programme officiel « fait foi, indépendamment des choix éditoriaux des différents manuels ».
Axe 2 — Comptabilité, finance, contrôle de gestion (UE 6, 9, 10, 11) : la technique ne suffit plus
La comptabilité (UE 9) reste l'UE écrite la mieux réussie — 68,3 % — et le jury salue « une maîtrise des fondamentaux de la comptabilité pour une majorité de candidats ». Mais il insiste : depuis la rénovation, « les questions relevant de la technicité comptable pèsent autant que celles relevant de l'analyse ». Il faut savoir justifier une écriture, commenter des données, et connaître les définitions du recueil des normes comptables. Un point de vigilance : les annales antérieures ont été conçues « sur la base de l'ancienne version du PCG ».
La comptabilité approfondie (UE 10) est l'UE la moins réussie du diplôme : 32,8 %, et « 30 % obtiennent une note éliminatoire ». Le jury pointe une exigence « non intégrée par une grande partie des candidats » — l'analyse pèse « autant voire davantage » que la technique — et « une maîtrise insuffisante » des fondements chez beaucoup. Le dossier sur l'emprunt obligataire avec bons de souscription a été le moins réussi ; la réévaluation libre également. « Aucun matériel n'étant autorisé », le calcul mental sert aux contrôles de vraisemblance.
Le contrôle de gestion (UE 11) a bondi de 36,1 % à 55,7 % de réussite, et les notes éliminatoires sont tombées de 37 % à 15 % : le jury y voit « une meilleure préparation », en particulier sur la rédaction des argumentaires, « souvent des questions discriminantes ». Les questions analytiques valent environ 50 % des points ; « les calculs et la technique ne constituent pas une finalité mais doivent être mis au service d'un problème opérationnel à régler ». L'épreuve dure quatre heures : une copie par dossier, et un temps proportionnel au barème.
La finance d'entreprise (UE 6) passe de 37,5 % à 49,3 %. Deux questions à garder en tête pendant l'épreuve, dit le jury : « quel est l'objectif de la mission confiée ? » et « quelle est la pertinence de ce que je viens de réaliser pour le diagnostic et la prise de décision dans l'entreprise ? ». Il recommande de ne rien écrire les dix premières minutes et de traiter les questions « avec la plus grande sobriété ».
Axe 3 — Économie et management (UE 5, UE 7) : la question problématisée vaut plus de la moitié des points
L'économie contemporaine (UE 5) est, avec l'UE 10, l'UE la moins réussie : 38,1 %, en léger recul. Le sujet 2025 portait un dossier documentaire de neuf documents sur huit pages — « plus long que l'année dernière », ce qui a pesé sur la gestion du temps — et une question problématisée : la dette publique est-elle un frein à la croissance ? Cette question pèse plus que le premier dossier ; elle exige des notions, des relations économiques et des illustrations, et « ne peut se contenter d'une simple paraphrase des documents ».
Le jury attend un travail « à partir de statistiques » et renvoie aux publications de l'Insee ; il recommande des fiches sur les concepts fondamentaux et un abonnement à un périodique pour l'actualité économique.
En management (UE 7), même architecture — un dossier, puis une question problématisée à 11 points sur 20 — et même reproche : éviter « les propos généraux ne prenant pas en compte les spécificités de l'organisation ». La question problématisée demande « un plan apparent », la mobilisation d'exemples d'organisations autres que celle du sujet, et une conclusion. « Une calligraphie illisible ne permet pas d'apprécier la qualité des connaissances et des raisonnements. »
Axe 4 — Systèmes d'information, anglais, communication (UE 8, 12, 13)
En systèmes d'information de gestion (UE 8, 44,4 %), le barème est « proche du 50 % – 50 % » entre technique et analyse. Le jury exige le respect des règles de syntaxe « lors de la rédaction des requêtes, des formules de tableur et des lignes de code », et des formalismes dans les schémas. Il cite des ressources gratuites : la CNIL pour la protection des données, une chaîne YouTube de vulgarisation de l'UE 8.
L'anglais des affaires (UE 12, 56,3 %) évalue un niveau B2, mais « les candidats au DCG ne doivent pas être considérés comme des spécialistes de la langue anglaise ». Deux pénalités reviennent : le non-respect du nombre de mots, « parfois lourdement », et le contresens sur la consigne — « plusieurs candidats n'ont pas compris le mot courriel dans la consigne et ont produit un courrier plutôt qu'un email. Ils ont été pénalisés ». Le jury conseille de traiter la synthèse en français en premier, de proscrire le franglais, et de préférer des phrases courtes et correctes à des structures calquées du français.
La communication professionnelle (UE 13) est l'épreuve la mieux réussie — 80 % — mais le jury « regrette de trop nombreux rapports qui ne respectent pas le nombre de pages, sans bibliographie ou qui comportent de nombreuses fautes d'orthographe ». Le rapport comprend une présentation de l'organisation en dix pages — quatre sur l'activité, six sur un processus auquel le candidat a participé — et une partie thématique de trente pages au plus hors annexes ; la soutenance dure une heure maximum, dont quinze minutes de présentation. Copier un document sans le signaler, ou reprendre « in extenso » le plan d'un article de recherche, est une fraude.
Voir aussi : L'UE 13 : le rapport de stage et la soutenance
Fraude : ce que le jury annule
Le rapport consacre une section aux fraudes constatées en 2025. Une infraction au règlement — documents ou matériels non autorisés, « y compris le fait de porter sur soi un téléphone portable allumé » — en est une. Le plagiat dans le rapport de l'UE 13 également.
La sanction est la même dans tous les cas : « la session en cours du DCG est annulée pour le candidat », c'est-à-dire toutes les UE passées cette session, et le jury peut proposer au recteur une interdiction de se représenter pendant un ou deux ans.
Questions fréquentes
- Quel est le taux de réussite au DCG ?
- 43 % à la session 2025, calculé sur les candidats diplômables — ceux qui ont, sur chaque UE, une note non éliminatoire ou une dispense. Il était de 36 % en 2024 et de 40,5 % en 2023. 4 480 candidats ont été diplômés en 2025.
- Quelle est l'UE la plus difficile du DCG ?
- D'après les résultats 2025, la comptabilité approfondie (UE 10) : 32,8 % de notes au-dessus de 10 et 30 % de notes éliminatoires. L'économie contemporaine (UE 5) suit avec 38,1 %, puis les fondamentaux du droit (UE 1) avec 40,7 %.
- Les candidats libres réussissent-ils moins bien au DCG ?
- En moyenne, oui : dans toutes les UE, les candidats inscrits dans un établissement public ou privé sous contrat ont une meilleure moyenne que les autres, avec un écart de 1 à 2,8 points selon l'UE. Le jury attribue aussi les écarts entre académies à la proportion de candidats libres.
- Où trouver le rapport du jury et les sujets du DCG ?
- Le rapport est publié par le SIEC, la Maison des examens. Les sujets de toutes les sessions depuis 2020 et leurs corrigés indicatifs sont en accès libre sur le site du réseau CRCF, que le jury recommande dans chaque UE.
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Sources de l'article
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